Retirer le permis de conduire d’une personne âgée : démarches et conseils à suivre

Le Code de la route ne fixe aucun âge limite pour conduire, mais la question du maintien du permis devient de plus en plus prégnante avec l’avancée en âge. La loi permet à l’entourage ou à un médecin de signaler une éventuelle inaptitude, déclenchant alors une procédure administrative pouvant aller jusqu’au retrait du permis.À partir de 2025, de nouvelles mesures s’appliqueront aux conducteurs âgés, modifiant les conditions de contrôle médical et les démarches à suivre. L’encadrement des seniors au volant évolue pour répondre à la fois aux enjeux de sécurité routière et au respect de l’autonomie.

Permis de conduire et avancée en âge : ce qu’il faut savoir aujourd’hui

Passé un certain cap, le permis de conduire concentre parfois inquiétudes et discussions en famille. Le Code de la route n’impose pourtant jamais de date d’arrêt définie : tout repose sur l’état de santé du conducteur, sa vigilance réelle et l’avis du médecin. Mais avec le temps, la santé évolue, certains traitements ou pathologies peuvent réduire les capacités à réagir, à percevoir l’environnement, ou à garder le contrôle du véhicule.

Le médecin traitant, au premier plan sur ces questions, a la responsabilité d’alerter la personne si sa pathologie peut être incompatible avec la conduite. Troubles de la vision, maladies neurodégénératives ou atteintes cognitives sont surveillés de près. Lorsque la situation le justifie, il peut prévenir le préfet, lequel peut exiger une évaluation plus poussée : examen clinique, tests, voire épreuve de conduite encadrée.

L’entourage aussi joue un rôle clé. Réactions qui s’émoussent, hésitations, difficultés à respecter la signalisation : tout signe d’alerte mérite d’être pris au sérieux, car la sécurité du conducteur et des autres usagers en dépend. Le retrait du permis ne résulte jamais d’un simple soupçon, mais toujours d’une inaptitude avérée à l’issue d’un contrôle médical. Ici, pas de sanction liée à la date de naissance : seule la réalité de l’état de santé prévaut.

Quels changements pour les conducteurs seniors à partir de 2025 ?

Un cap s’annonce en 2025 pour le permis de conduire des seniors. Sous l’impulsion européenne, la France s’apprête à rendre le passage par la visite médicale régulier à partir d’un certain âge. Le Portugal, l’Espagne, l’Italie, ont déjà franchi le pas. Chez nous, le projet : multiplier les contrôles médicaux après 70 ans, tous les cinq ans, puis augmenter la fréquence au-delà de 80 ans, suivant les évolutions discutées à Bruxelles.

Ces visites obligatoires comprendront des points précis : tests sur la vision, réflexes, mobilité articulaire, prise de médicaments. Une façon de s’assurer que chacun reste apte à circuler avec assurance et maîtrise. Pour simplifier l’organisation, la carte mobilité inclusion permettra d’accéder à des aménagements ou à une adaptation du véhicule, le cas échéant. La réforme cherche un juste équilibre : renforcer la prévention sans exclure, permettre à chacun de continuer à se déplacer librement aussi longtemps que possible, sans faire de l’âge un prétexte à l’écartement systématique.

Reconnaître les situations à risque : comment agir en tant que proche

Être témoin des premières difficultés au volant chez un parent ou un proche interroge toujours. Il existe plusieurs situations à surveiller, et aucun détail n’est trop petit pour être ignoré.

Voici des situations concrètes qui doivent attirer l’attention :

  • des accrochages inexpliqués ou des rayures de plus en plus fréquentes,
  • une difficulté à se repérer, à respecter la signalisation ou à gérer la circulation,
  • la fatigue, les plaintes de manque de concentration ou une baisse nette de la vision lors de la conduite.

Quand ces signes s’accumulent, il vaut mieux en parler franchement, sans dramatiser ou stigmatiser. Tout doit commencer par un dialogue sincère. Et si le doute s’installe, le médecin traitant reste un repère sûr pour une évaluation objective. C’est également lui qui pourra enclencher les démarches officielles auprès du préfet, si l’aptitude à conduire mérite d’être réévaluée.

Dans les situations d’urgence, en cas de réel danger, il ne faut pas hésiter à solliciter la préfecture ou les forces de l’ordre qui peuvent, en prévention, retirer temporairement le permis en attendant un avis médical. Cette démarche, loin d’être anodine, protège le senior et son entourage. Les proches restent, au quotidien, les mieux placés pour détecter et accompagner, avec discernement, les situations à risque.

Femme aidant sa mère à sortir d

Conseils pratiques pour accompagner une transition en douceur

La perte du permis de conduire bouleverse l’organisation et l’autonomie. Pour limiter la sensation de rupture, il existe plusieurs manières concrètes d’accompagner au mieux cette nouvelle étape.

Favoriser la mobilité autrement

Différentes solutions existent pour conserver sa liberté de déplacement, même une fois la conduite arrêtée :

  • Se tourner vers les alternatives disponibles près de chez soi : transports collectifs à la demande, taxis conventionnés, services municipaux ou réseaux associatifs, souvent peu connus mais particulièrement adaptés aux besoins des seniors.
  • Utiliser la carte mobilité inclusion, véritable clef pour accéder à des accompagnements et des avantages facilitant les trajets quotidiens.
  • Organiser des trajets via la famille ou proposer du covoiturage avec des voisins, afin de garder un rythme de sorties tout en restant entouré.

Lorsque la santé le permet, l’adaptation du véhicule peut parfois prolonger quelques années la capacité à conduire. Pourtant, la plupart du temps, il s’agit surtout de repenser son rapport aux déplacements et d’explorer les ressources de sa ville ou de son quartier. Les services de téléassistance et les aides du conseil départemental, comme l’allocation personnalisée d’autonomie (APA), offrent de vrais relais pour couvrir le coût des déplacements ou de l’aménagement du logement. Il ne faut pas hésiter à interroger les guichets des services publics pour s’informer sur l’ensemble des options offertes localement.

Accompagner une personne âgée vers l’arrêt de la conduite, ce n’est pas seulement une formalité administrative. C’est préserver la place de chacun dans la société et soutenir la confiance en soi. Famille, amis, professionnels : tous contribuent à dessiner de nouveaux repères. Et si ce tournant ouvrait aussi la porte à une autre façon de rester en mouvement et de continuer à s’ouvrir aux autres ?